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Mutualisons nos connaissances pour imaginer, créer et innover


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La maïeutique cognitive : une relativité de nuances, de rythmes et de formes linguistiques

Cet article est aussi publié sur Didactique & Cognition, à l’ère des Humanités Digitales : http://dchd.hypotheses.org/

Comment les connaissances s’organisent-elles dans notre esprit, pour construire notre savoir ? Comment la langue et la culture façonnent-elles notre façon de penser ? Quel est l’impact de notre environnement dans la construction de notre système de pensée et la création de nos connaissances ?

Toutes ces questions ont animé pendant des décennies le champ de la communauté scientifique, s’intéressant à notre mode de pensée, notre façon d’apprendre, de transmettre et de générer des connaissances, dans un ou plusieurs contextes culturels.

L’anthropologie cognitive1, est née du besoin de répondre à ces questions que soulèvent les problématiques liées à l’apprentissage, aux rôles de la langue, de la culture et de l’environnement dans les processus d’acquisition des connaissances.

Cet article, est le premier d’une série de publications que je consacre aux résultats de mes travaux de recherche relatifs aux mécanismes sous-jacents à la création des connaissances et aux processus d’apprentissage. Il y est aujourd’hui question d’exploiter quelques études et résultats de l’anthropologie cognitive dans l’appréhension des mécanismes d’apprentissage et de modélisation des savoirs, si tant est qu’il existe des possibilités de modélisation dans ce domaine. L’appréhension du rythme, des nuances et des formes au sein du langage ressortent comme une première clé de lecture pour appréhender la systémique complexe de la formation des connaissances.

I/ Le Cadre cognitif: Relativités linguistiques, relativités culturelles

« Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde », écrit Wittgenstein en 1918, dans son Tractatus-Logico-Philosophicus2.

Ferdinand de Saussure, nomme le même phénomène « plan de contenu », pour exprimer que les réalités n’ayant pas de correspondance dans un langage, ne sont que très laborieusement exprimables.

Benjamin Lee Whorf3, auteur de la relativité linguistique, s’est intéressé à la nature inconsciente des principes sous-jacents qui font le fonctionnement de la plupart de nos actions : « nous disséquons la nature selon les lignes tracées de notre langue maternelle », selon laquelle la langue n’est pas un simple instrument de description de la réalité, mais elle contribue également à la structurer.

« La langue d’une société humaine donnée organise l’expérience des membres de cette société et par conséquent façonne son monde et sa réalité ».

Dans le registre de la dimension culturelle, Edward T. Hall4, développe le concept de Proxémie, une dimension cognitive de l’espace dont nous ne sommes pas toujours conscients, mais qui va jouer un rôle prépondérant dans notre rapport à l’autre, à l’environnement et à l’appréhension des connaissances.

Dans son livre5 « la dimension cachée », il écrit : «  il n’ y a pas de doute que le langage façonne la pensée par des voies particulièrement subtiles. L’humanité doit s’attaquer à la réalité des autres systèmes culturels et aux effets pénétrants de ces autres systèmes sur la façon dont le monde est perçu, dont l’individualité est expérimentée, et dont la vie elle même est organisée ».

Toute la théorie de la connaissance d’E.T.Hall, va reposer sur les interrelations entre les dits et non dits de la culture, le langage et la cognition dans la construction des espaces, des synchronies interpersonnelles6, de la rythmique culturelle, de la richesse du contexte culturel , et de notre rapport au temps dans les différentes cultures ( monochronie, polychronie)7.

Il développe ainsi tout une théorie sur la connaissance, l’inconscient et l’affect qui seront tantôt formels, tantôt informels, tantôt techniques, pour prouver que la culture qui se définit dans un espace et un temps va jouer un rôle fondamental dans la construction du savoir d’un individu.

II/ Oralité et isomorphisme cognitif

Est-il possible de modéliser les processus mentaux qui vont générer la connaissance et asseoir un certain savoir?

En occident, nous pensons linéaire et non synthétique comme les cultures orientales ou extrême orientales. Ce sont la plupart du temps des postures inconscientes dues aux forts ancrages des courants culturels, «qui structurent notre vie par des voies complexes, dont l’ensemble forme un système organisé qui n’est pas formulé consciemment» E.T.Hall8 .

Les cultures de tradition orale peuvent nous apporter des éclairages supplémentaires à l’appréhension de modèles dits cognitifs. A propos de littérature orale, Jean Dérive9 écrit: «ce qui distingue le concept de la littérature orale de celui de la littérature telle qu’on l’entend dans les sociétés de l’écriture, n’est pas seulement une question de canal. La littérature orale n’est pas l’équivalent parlé de la littérature écrite, mais aussi une relation un peu afférente au langage et à la communication qui a ses implications culturelles propres.»

En somme comme l’écrit l’ethnologue Joël Candau10: «l’oralité n’est pas un défaut d’écriture, mais un mode de communication culturel différent et autonome».

Il y a dans les travaux de recherche sur les cultures de transmission orale, des éléments capitaux à exploiter pour traduire et formaliser ce système complexe de pensées.

L’ethnomathématique11, est aujourd’hui un outil de formalisation qui peut s’avérer extrêmement pertinent pour modéliser le cheminement d’un raisonnement mental.

J’ai eu la chance cette année, dans le cadre de mes travaux de recherche en tant que chercheure à l’EHESS, de participer aux séminaires d’ethnomathématique du Professeur Marc Chemillier, il s’intéresse dans ses travaux de recherche aux savoirs incarnés par les productions artistiques des peuples dont la culture est essentiellement orale. Il s’efforce de décrire et de modéliser les méthodes employées pour accéder aux mécanismes mentaux qui incarnent les savoirs générés à travers des graphismes, les créations artistiques autour des musiques et chants traditionnels.

Dans un autre registre, les travaux de recherches de Sophie Desrosières sur les pratiques textiles dans les Andes, montrent à travers le principe de complémentarité observable, qu’il existe des logiques à l’organisation des hommes et à l’organisation des fils, soit un principe de complémentarité qui structure l’organisation sociale en moitié opposée et une représentation dualiste du monde bien ancrée dans les cultures locales.

« c’est ainsi que l’on peut se demander si, dans les Andes, les savoirs textiles, ont pu jouer un rôle dans la structuration de la pensée ». S. D.

Hypothèse 1 : Pouvons nous alors imaginer un isomorphisme bijectif entre les créations artistiques produites et leurs traductions sous forme de modèles mathématiques, et le processus mental qui a généré ces créations. Ces dernières seraient le résultat de ce qu’aurait acquis l’acquérant sous forme de savoirs, de connexions, d’adaptation et d’accommodation avec son environnement?

III/ L’appréhension du rythme au sein du processus cognitif

Ces créations artistiques de tradition orale, offrent également une complexité notable en termes de rythmes, de symétries, et d’organisations séquentielles qui semblent parfaitement raisonner avec la rythmique des langues et l’organisation des systèmes culturels par ricochet.

Hypothèse 2 : La rythmique des langues, leurs découpages séquentiels suggère une incidence directe dans la construction du savoir. Comment le matérialiser ?

Jean-Paul Goux, dans «La fabrique du continu12 », écrit: «Ce n’est pas le

rythme qu’on peut « toucher », c’est la dynamique qui de lui naît:« Ce n’est pas le

rythme qui est visible dans la forme, c’est tout au contraire le rythme qui rend

la forme visible. Le rythme ne se voit pas, il est l’énergie qui rend la forme

perceptible dans le temps: si on ne voit pas un rythme, on en perçoit l’énergie».

De plus, le rythme ne se limite pas à la prosodie, à un simple décompte

syllabique, mais il est partout dans le discours, et au fondement même de la

«signifiance».

C’est la thèse centrale de Meschonnic13, qui définit le rythme dans le langage

comme l’organisation des marques par lesquelles les signifiants produisent une

sémantique spécifique, distincte du sens lexical, et qu’il appelle la

signifiance.

La maïeutique cognitive : une systémique de nuances, de rythmes et de formes linguistique

Gilles Deleuze dans « Mémoire et Cinéma », nous livre ses analyses indiciaires sur la phénoménologie du cinéma, en nous expliquant que c’est l’abstrait qui explique le concret.

Les arts et la littérature représentent ainsi un terreau d’études extrêmement fertile qui nous permettent plus que d’autres substrats de comprendre les processus d’acquisition des connaissances et la construction de nos savoirs dans la culturalité qui nous imprègne. Pouvons nous , de ce fait, et à juste titre, considérer les créations artistiques comme des formes supérieures d’expressions cognitives universelles exprimées à travers un langage commun que les hommes partageraient au delà du médium de la langue et de la culture ?

Dans l’expérience ethnographique14, Leroi-Gourhan écrit :« Les nuances sont (…) l’élément définitivement significatif et l’esthétique au sens large pourrait bien être l’une des clefs de l’ethnologie. S’il en était ainsi il y aurait véritablement une science à créer, celle des valeurs, des rythmes, des saveurs et des formes dans une systématique adaptée aux besoins de l’expression de l’indéfinissable ethnique. ».

Si nous remplaçons les mots ethnologie et ethnique par connaissance. Nous

obtenons cette nouvelle reformulation inspirée de Leroi-Gourhan: les

nuances sont (…) l’élément définitivement significatif et l’esthétique au

sens large pourrait bien être l’une des clefs de la connaissance. S’il en

était ainsi il y aurait véritablement une science à créer, celle des

valeurs, des rythmes, des saveurs et des formes dans une systématique

adaptée aux besoins de l’expression de l’indéfinissable connaissance.

Copyright©Férial BENACHOUR-HAIT./01/2014.Tous droits réservés

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1Anthropologie Cognitive. Penelope Brown. Anthropologie et Sociétésvol. 23, n° 3, 1999, p. 91-119.

2Ludwig . Wittgenstein. Tractatus-Logico-Philosophicus. New York.Harcourt.1922.

3Benjamin Whorf. Linguistique et anthropologie. Denöel-Gonthier. 1969.

4Le langage Silencieux. E.T.Hall. Seuil. « Points Essais »,n°160, 1984.

5La dimension Cachée. E.T.Hall. Essais.Points. Seuil.1971.

6La danse de la vie. E.T.hall. Essais.Points. 1984.

7La danse de la vie. E.T.hall. Essais.Points. 1984.

8Au delà de la Culture. E.T.Hall. Seuil.1979.

9L’art du verbe dans l’oralité africaine. Jean Derive. Oralités/L’Harmattan. 2012.

10 Joël Candau, Anthropologie de la mémoireParis, Armand Colin, Collection Cursus Sociologie, 2005

Cursus Sociologie, 2005

11Les mathématiques naturelles. Marc Chemillier.Odile Jacob. 2007.

12La Fabrique du continu. Jean-Paul Goux. Champ Vallon. 1999.

13Critique du Rythme. Henri Meschonnic. Verdier. 2009.

14André Leroi-Gourhan, dans l’expérience ethnographique (1968).

 


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Maturité Cognitive et Intelligence Collective, pour une Gouvernance Viable des Organisations

Cet article est aussi disponible sur le bulletin de veille de la Revue Créativité Québec N°101 d’Avril 2012.

La mémoire d’une organisation, sa  maturité et une gestion stratégique de ses ressources sont des critères fondamentaux pour une gouvernance viable.

Mais qu’est ce que qu’une gouvernance viable pour une organisation?

Les premières ressources d’une organisation sont son capital humain, lequel en déployant son énergie et ses connaissances va contribuer à alimenter et transformer ces mêmes ressources, qui se doivent d’être formalisées, analysées et capitalisées pour constituer la mémoire de l’organisation.

Mais qu’est ce que la mémoire d’une organisation ?

A l’échelle d’une entreprise, la mémoire d’une organisation, est son premier capital issu de son patrimoine de connaissances cumulées, transformées, exploitées, transmises, enrichies et re-qualifiées.

La mémoire d’une entreprise est aussi intrinsèquement liée à son identité propre, à ses ancrages culturels, et à la philosophie qui émane de son développement et des valeurs qui y sont instillées.

Ces composantes immanentes à l’entreprise vont générer une valeur entropique de l’organisation, résultat d’une énergie en constante transformation et en résonance avec la développement de ses propres ressources ( départs ou accueil de collaborateurs, retours d’expériences, formations, tutorats, synergies et transactions avec l’écosystème partenarial, économique et social…). Cette mémoire va nourrir un processus de transformation dense et complexe qui va générer sa maturité.

Mais Qu’est ce que la maturité d’une entreprise ? 

La maturité d’une entreprise, est sa capacité à déployer et à engager des postures réflexives sur le contenu de son patrimoine de connaissances générées, sa capacité à l’exprimer et à le formaliser, à le transmettre et à le capitaliser. A ce titre, les collaborateurs, les managers et les décideurs doivent être en mesure de décrire les missions qui sont les leurs, de répondre à la réalité de l ‘entreprise par rapport à son identité, sa philosophie, sa culture et pouvoir se projeter en proposant une vision prospective quand à l’avenir de leur entreprise  .

La maturité d’une entreprise, se conçoit et se perçoit aussi comme l’ensemble des activités méta-cognitives conscientes ou inconscientes engagées de façon autonome par ses employés dans des déterminants situationnels, en rapport avec l’exécution performante des tâches à réaliser et des apprentissages permanents induits par la masse de travail exécuté.

 La maîtrise des connaissances, un processus de transformation…

Les managers et les employés d’une entreprise sont confrontés en permanence à la gestion des concepts inhérents à leur environnement, à leurs constructions, leurs représentations, à leurs réalisations et à leurs contrôles.

Un apprentissage qui passe par une maîtrise des formalismes et des concepts d’une organisation est un gage inaliénable d’efficience permanente, de compétence et de compétitivité.

En dédiant des équipes par processus métier à l’analyse et à la qualification des concepts générés et gérés  par l’entreprise, nous pouvons développer des « Moteurs de création de connaissances ». Avec la création de corpus spécialisé et interdisciplinaire, c’est un véritable thésaurus de connaissance qui est mis à disposition des salariés pour répondre à des problématiques complexes sollicitant des recours à des formalismes précis et complexes.

Ce travail en amont et en parallèle, va s’avérer stratégique dans la compréhension et la fluidité des discours et des supports qui vont accompagner le déploiement de tout type d’opérations nécessitant une connaissance globale et maîtrisée des ressources de l’entreprise.

L’efficacité ne sera plus vécue comme le déploiement d’un management lourd et contraint au détriment des ressources engagées, mais comme une philosophie d’actions pertinentes engagées collectivement en cohérence et en cohésion avec les déterminants conceptuels existants, qui préfigurent de la naissance d’une organisation apprenante.

….pour l’émergence d’une organisation apprenante

C’est en terme de synergie que doit être imaginé, le développement d’une organisation apprenante et capitalisante.

La pro-activité de chaque composante d’une organisation, consciente de ses ressources cognitives et opérationnelles, va induire des postures responsabilisantes et responsabilisées qui auront pour conséquence de faciliter la mise en place et le développement des structures permettant l’émergence et l’édification d’une organisation apprenante.

Pour accompagner les entreprises dans cette démarche de transformation et d’édification progressive, j’ai conçu un modèle générique basé sur un processus itératif et incrémental, qui génère une empreinte propre à chaque organisation, que j’ai nommé ECOV® (Ethos Constitutionnel d’une Organisation Viable), et qui représente le gisement cognitif et culturel qui est produit par une organisation sous formes de connaissances et des valeurs philosophiques qui la caractérisent.

Un modèle Générique…

Autour d’éléments centraux que vont constituer les collaborateurs et leurs connaissances, viennent se superposer et s’incrémenter par strates successives les phases de conscientisation et d’expression des connaissances, de formation et d’information, de co-création et de co-construction des idées, de co-production tangible et transcription écrite des connaissances.

1.      Sensibilisation et Conscientisation sur les ressources cognitives: Les acteurs et décideurs doivent être sensibilisés à leur capital premier : leurs propres ressources : leurs connaissances (formelles, tacites, implicites), leur savoir-faire et leur savoir-être, et leur faire prendre conscience du capital stratégique dont ils disposent.

2.      Expression et transmission des connaissances : Donner aux porteurs de connaissances les moyens qui leur permettent d’exprimer leurs connaissances,  de les expliciter et de les transmettre à leurs collaborateurs et leurs cercles de management en toute fluidité. Cela passe par des ateliers catalyseurs de connaissances, à travers des problématiques existantes ou imaginées, des mises en situations pratiques ( simulations, war rooms) qui auront pour objectifs de formaliser et de transcrire des connaissances acquises et d’en révéler d’autres qui sont  ignorées.

3.      La formation et l’information Savoir et pouvoir accompagner les porteurs de connaissances, en les formant à la culture de l’innovation, et en les initiant aux  réflexes et aux règles de conduites en matière de transferts et de capitalisations des connaissances.

Des valeurs qui incitent à la créativité et à la requalification des méthodes de management, dans le traitement  de l’efficacité, la réactivité, la pro-activité, et la prise de décision.

4.      Co-construction et Co-création Développer et déployer des méthodes de travail collaboratif, sous forme de plate-formes collaboratives, de communautés de pratique et de partage des connaissances.

5.       Une mémoire écrite : Instaurer une culture et une tradition de transmission écrite des connaissances. Une sorte de livre blanc ouvert qui retrace la mémoire de l’entreprise de façon chronologique et faisant référence aux grandes mutations qu’a subies l’organisation depuis sa création. Qui retrace l’empreinte et les idées des anciens et des acteurs actuels de l’entreprise, leurs visions du monde, leur stratégies de management et leur appréhension du futur de l’organisation.

6.       Grundsatzfragen (ou Questions fondamentales) :doivent faire l’objet d’une véritable réflexion pour la pratique et l’art de poser des questions efficaces( qui existe déjà dans les entreprise allemandes) et que je qualifierai  d’étapes stratégiques en matière de maturation d’idées et d’innovation (que l’on peut imaginer au sein de la R&D, et/ou faisant partie de chaque département métier). Véritable catalyseur d’énergies et incubateur d’idées,  cela va contribuer à faire émerger une grande part de la mémoire de l’organisation en résonance avec son écosystème partenarial, économique et social. L’interactivité permanente avec les tous les acteurs de l’entreprise, va aider à la création d’un climat et d’une ambiance propice à la transparence et à aux partages d’informations entre tous protagonistes.

7.      Une entreprise 2.0 La vision pyramidale du management, devrait céder la place à une horizontalité plus en phase avec une société qui se web2zéroise, de plus en plus autonome et connectées à des réseaux d’experts, à des forums spécialisées, et qui est à même de prendre des initiatives en terme de recherche d’informations, d’auto-formations, d’auto-évaluations et de postures entrepreunariales par rapport à des marchés qui sont en version béta permanente. Des approches ontologiques plus en phase avec la folksonomie, et des interactions entre les départements et les processus plus désiloisés, pour une véritable mutualisation des connaissances.

…pour une gouvernance viable

Un ECOV®, va nourrir et constituer son capital de viabilité reposant sur les concepts de résilience et de résistance aux chocs, de flexibilité et d’adaptation aux changements avec une capacité de renouvellement de ses ressources dans une continuité économique de croissance.

La maturité d’une entreprise, est in fine l’empreinte cognitive et culturelle, qu’elle produit sous formes de connaissances et de valeurs philosophiques et éthiques qui la caractérisent.

Par processus itératif et incrémental, une organisation devient ce qu’elle est et continue à se développer grâce à l’émergence d’un ETHOS de connaissances, de conscience et de confiance : réceptacle permanent d’un processus de maturation cognitive et d’intelligence collective.

A l’heure où dans un grand nombre de pays, toute une génération des baby-boomers, est sur les bancs des départs. Une génération nouvelle se met aux manettes avec des réflexes et des codes qui méritent qu’on s’y attarde et qui nécessitent surtout la mise en place d’un véritable protocole de management inter et trans-générationnel, qui aura pour vocation de capitaliser les savoirs des anciens et de les relayer tout en appréhendant les nouvelles énergies arrivantes, en développant de véritables courroies de transmissions capitalisantes.

Valoriser les compétences des uns et des autres, c’est aussi inscrire l’entreprise dans un sillage d’innovation permanente qui va se nourrir de son ETHOS Constitutionnel et créer les conditions favorables pour la pratique d’une gouvernance viable.

Copyright©Férial BENACHOUR-HAIT.04/2012.Tous droits réservés.