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Les défis sociétaux de l’Europe : une analyse des tendances sociétales mondiales à l’horizon 2030 et leurs impacts sur l’UE

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Le Cercle Europe et Economie Sociale (CEES) s’est réuni en juillet 2014 autour de Jérémy Ghez, professeur affilié d’Economie et de Géopolitique à HEC Paris et chercheur à RAND Europe pour débattre de l’étude « Les défis sociétaux de l’Europe : une analyse des tendances sociétales mondiales à l’horizon 2030 et leurs impacts sur l’UE » réalisée par RAND Europe à la demande du BEPA de la Commission européenne.
La commission Européenne, dans son travail d’anticipation et de prospective, cherche à évaluer l’Europe qui pourrait se dessiner à l’horizon 2030. Dans cette optique elle s’est dotée de commissions chargées de documenter et d’étayer ces recherches. Le think tank interne de la commission, le BEPA, a ainsi développé de « système ESPAS » quia lancé un appel d’offres pour documenter les travaux entrepris selon trois grands axes : social, économie et relations internationales. RAND Europe, dont Jérémy Ghez fait partie, a remporté l’appel à projet concernant la partie sociale : il exposait le 10 juillet les résultats de leurs travaux aux membres du Cercle.
De leur travail les personnes de RAND Europe ont dégagé quatre axes fondamentaux dont découlent plusieurs pistes de résolutions possibles.
Quatre signaux forts
1 – L’étude met en avant la montée en puissance d’une classe moyenne mondialisée. Caractérisée par un niveau de vie élevé et une adéquation aux « valeurs de l’occident » l’étude l’envisage comme dominante et considère que son accaparation des richesses, notamment énergétiques, est une potentielle source de tensions à l’échelle mondiale :
2 – Car si l’étude met en avant la constitution de cette classe dominante mondialisée, elle met aussi en avant la vulnérabilité accrue de celles qui n’en font pas partie. Cette« génération perdue » se caractérise par un taux de chômage élevé, particulièrement chez les jeunes, et un skills gap de plus en plus important.
3 – Dans ce contexte de tensions autour de l’accès au travail et aux ressources RAND envisage tout de même une évolution des individus vers plus d’investissement et de connectivité. Dans le même temps Ghez reconnait que la fracture numérique mondiale ne va pas dans ce sens et tend à nuancer cette tendance.
4 – Le dernier élément de transformation fondamental est démographique : la population européenne est de plus en plus âgée et cette tendance va continuer à s’intensifier. Conséquence, la portion de la population active va devenir de plus en plus réduite et le coût (santé, vie) du vieillissement de la population sera de plus en plus lourd à porter. Conséquence directe également, la solidarité intergénérationnelle s’inverse et ce sont désormais les plus âgés qui soutiennent et aident les générations plus jeunes (la terminologie jeune étant entendue dans le sens 18-35 ans du fait de l’arrivée de plus en plus tardive sur le marché du travail).
Une crise de gouvernance
Dans ce contexte, la génération perdue concentre l’intérêt des chercheurs : comment constituer un idéal, comment donner envie de construire ensemble, de faire société et d’entreprendre à cette génération quasi-sacrifiée ?
L’un des principaux soucis de cette génération réside dans la défiance envers l’héritage culturel de la vieille Europe : qu’il s’agisse de son organisation politique ou du collectif et de ses modalités, ils sont en défiance. De fait, cette génération, qui constituera le monde de 2030, vote peu, s’abstient beaucoup, et se trouve représentée par la partie la plus âgée de la société ; ce qui ne fait qu’accentuer un clash générationnel. Car si dans les années 2010 l’effondrement des tours du World Trade Center a généré la prise de conscience d’un clash des civilisations, la situation mondiale (le cas de l’Irak le montre par exemple) évolue vers un encore plus instable clash au sein des civilisations. Pour lui, ce clash pourrait même être qualifié de générationnel.
Dans le cadre de son étude, RAND Europe n’a eu aucun contact avec les secteurs sociaux et son étude souffre de ces lacunes. Le secteur de l’économie sociale, pourtant outil potentiel d’évolution positive, reste absent de ce travail. Pour les membres du CEES ce rapport a pour objectif de nourrir la réflexion du secteur privé aussi bien que public et il est urgent de faire en sorte de rétablir le dialogue entre eux.

Source : Petit-déjeuner du Cercle Europe et Economie Sociale (CEES) : http://www.cercle-ecosociale.eu/Activites.html

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