SynerGétude

Mutualisons nos connaissances pour imaginer, créer et innover


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Epanouissement social : De l’étude systémique à une éthique de reliance

La richesse des nations, n’est plus basée sur leurs ressources naturelles, mais sur le niveau de connaissances accumulées par la population. Le véritable leadership mondial, est un leadership dans la maîtrise des compétences-clés.

Mais en même temps que les sources de savoir se multiplient dans le monde, les connaissances  acquises se périment rapidement tandis qu’il faut en acquérir de nouvelles. Avec l’avènement du numérique, nous vivons une révolution anthropologique majeure qui multiplie les gisements de savoirs et facilite l’accès à  toutes les formes de connaissances que l’humanité produit. Une nouvelle génération, qualifiée de digitale, est née. Elle a la maîtrise  instrumentale de tous les gadgets numériques. Elle ne connaît que cela.

L’école ne peut continuer à ignorer ces mutations profondes que traversent nos sociétés. L’école doit se repenser. Nous devons revoir nos méthodes d’enseignement, comprendre les subtilités cognitives que recèle cette maîtrise instrumentale des outils multi-médias. Apprendre un peu plus des neurosciences et des sciences cognitives pour adapter notre discours et notre démarche pédagogique à ce nouveau public d’élèves qui nous apprend chaque jour, un peu plus sur nous même et qui nous trace peut être déjà la voie de notre propre révolution.

Il faut réinventer les outils et supports pédagogiques qui mettent en avant à la fois la culture artistique, les capacités d’expression et de communication, la connaissance du monde avec les réalités de l’emploi et des parcours professionnels. En plaçant l’élève au cœur de l’activité  éducative, son rôle redevient central en tant qu’acteur de sa propre production de valeur (connaissances). L’enseignant, qui devra jouir d’une grande culture générale, au fait des mutations et des transformations sociétales, n’aura plus un rôle central, mais un rôle essentiellement instrumental dans l’acquisition des connaissances [1], afin de  libérer toutes les énergies créatrices des élèves pour les accompagner dans leur propre construction du savoir au cours de leurs curriculums.

A une autre échelle, cette mutation profonde que vit notre société se manifeste encore plus brutalement dans le monde du travail où la plupart des professions se redéfinissent, et où les compétences se complexifient pour répondre aux  nouveaux besoins exprimés par les clientèles et les avancées technologiques. Des tensions visibles sur des profils et des compétences en déficit, obligent les acteurs de la fonction à se former dans un marché du travail en mutation.  A côté de cela, les discours de  rentabilité et de productivité ont atteint leurs limites en management et en capacités d’innovations.

Pour inventer l’avenir de leur entreprise, les décideurs et dirigeants d’aujourd’hui ont besoin de comprendre pour agir, d’élargir leur horizon de pensée, de prendre de la hauteur par rapport à la complexité du monde  qui se globalise, la transformation profonde qui s’opère dans nos entreprises, avec l’avènement d’outils agiles de communication, de plate-formes collaboratives de partage de connaissances. C’est toute l’organisation et le partenariat écologique de l’entreprise qui est appelé à transmuer pour révéler un nouvel art de manager et de produire de la valeur.

C’est l’entreprise 2.0, qui porte aujourd’hui cette  métamorphose structurelle et organique dans l’espace de travail, qui devient plus poreux et plus ouvert, avec une véritable désiloisation des connaissances en quête d’un knowledge management qui recentre les besoins de l’entreprise autour de son capital humain et ses ressources cognitives, i.e autour de praxis qui vont mobiliser et cultiver de grandes fonctions cérébrales comme l’attention, l’écoute active et l’imagination, véritables moteurs pour la créativité et l’innovation.

Cette vision systémique ne pourrait être exhaustive sans le maillon intermédiaire de la chaîne de valeur entre l’école et l’entreprise.  L’université et l’enseignement supérieur qui ne peuvent se soustraire à ce vent de changement. Ces institutions doivent à leur tour se repenser, et leur renouvellement passe immanquablement par l’innovation pédagogique. Parce que les demandes du marché du travail changent. Parce nombre des métiers de demain ne sont pas encore crées, parce que nos connaissances et le travail professoral change et parce que les élèves et les étudiants changent.

Cela va nécessiter de l’énergie, de l’engagement et une prise de conscience de la complexité du monde[2] qui s’offre à nous désormais dans ses gouvernances, ses organisations, ses sciences, ses systèmes de pensées,… Nous aurons besoin de citoyens essentiellement humains, sensibles, créatifs, innovants, pro-actifs et  porteurs de projets avec une maîtrise du sens de la globalité et de la complexité en tant que paramètres endogènes et exogènes à notre épanouissement social.

      Copyright © Férial BENACHOUR-HAIT. 10/11/2011. Tous droits réservés.


[1] Maurice Boivin : les nouveaux paradigmes pédagogiques

[2] La Méthode. Edgar Morin.